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PHASE 1 — Prendre conscience & se réaligner
Pourquoi clarifier ses “non” est plus puissant que définir ses “oui”

Pourquoi clarifier ses “non” est plus puissant que définir ses “oui”

Lorsque vous vous interrogez sur votre avenir professionnel, vous cherchez souvent d’abord à savoir ce que vous voulez : un autre métier, un nouvel environnement, une évolution ou un projet différent. Pourtant, cette recherche peut devenir difficile lorsqu’aucune direction professionnelle ne se dégage clairement. On peut alors se retrouver dans une situation paradoxale : ne pas savoir ce que l’on veut pour la suite tout en ayant une idée de plus en plus précise de ce que l’on ne veut plus vivre professionnellement. C’est précisément dans cette situation que clarifier ses “non” peut constituer un point de départ utile. 

Pourquoi commencer par clarifier ses “non” peut-il être plus pertinent que de chercher immédiatement à définir ses “oui” ?

Pour le comprendre, il faut d’abord voir pourquoi il est plus facile de savoir ce que l’on ne veut plus que de définir ce que l’on souhaite réellement. Il faut ensuite comprendre comment ces “non” peuvent réduire l’incertitude et permettre d’avancer, même lorsqu’une direction professionnelle précise n’est pas encore définie.


1. Pourquoi est-il plus facile de savoir ce que l’on ne veut plus ?

Ne pas savoir ce que l’on veut professionnellement pour la suite peut donner l’impression de ne disposer d’aucun point de départ. Pourtant, l’absence de projet professionnel précis ne signifie pas nécessairement l’absence de repères. Il existe souvent un décalage entre ce que l’on imagine pour l’avenir et ce que l’on peut déjà identifier à partir de son expérience. Ce que l’on ne veut plus peut ainsi être plus facile à reconnaître que ce que l’on souhaite pour la suite. Comprendre ce décalage permet de mieux saisir pourquoi les “non” peuvent être plus faciles à formuler que les “oui”

1.1. Ne pas savoir ce que l’on veut ne signifie pas être sans direction

Ne pas parvenir à imaginer la suite de son parcours professionnel ne signifie pas pour autant que l’on ne dispose d’aucun repère. On peut simplement avoir du mal à transformer son expérience en une direction professionnelle précise.

Vous pouvez ainsi être incapable de répondre à :

“Que voulez-vous faire maintenant ?”

tout en étant capable de répondre à :

“Qu’est-ce que vous ne voulez plus vivre professionnellement ?”

Si cette seconde question vous paraît plus facile, c’est que votre expérience vous a probablement déjà permis de tirer certains enseignements. Vous avez peut-être déjà identifié les premiers signes que votre vie professionnelle ne vous correspond peut-être plus. Vous avez probablement repéré aussi certaines configurations que vous ne souhaitez pas retrouver ou certaines façons de travailler que vous ne voulez plus reproduire.

Par exemple, vous avez peut-être constaté que vous ne savez pas encore quel poste pourrait vous convenir, mais que vous ne souhaitez plus travailler dans un environnement où vous n’avez aucune autonomie.

Toutes ces informations constituent ainsi des repères pour structurer la suite de votre réflexion, même si ce ne sont pas encore des solutions.

Il reste alors à comprendre pourquoi ces repères sont souvent plus faciles à formuler sous forme de “non” que de “oui”.

1.2. Pourquoi clarifier ses “non” est plus accessible

Il est plus difficile de savoir ce que l’on veut vivre professionnellement que de savoir ce que l’on ne veut plus revivre. Cette différence tient notamment à la manière dont vous vous représentez votre réalité. Partir du “oui” vous conduit vers une possibilité future. Partir du “non” vous pousse à vous appuyer sur une réalité déjà connue.

1.2.1. Le “oui” demande de se projeter, le “non” peut partir du réel

Le “oui” demande d’abord de se projeter professionnellement. Pour savoir ce que l’on veut, il faut au moins partiellement imaginer :

  • une activité ;
  • un environnement ;
  • une manière de travailler ;
  • une situation professionnelle future.

Lorsque cette situation n’a jamais été vécue, elle reste nécessairement plus abstraite et donc plus difficile à formuler précisément.

Jeune femme pensive regardant au loin pendant un moment de réflexion

Le “non”, à l’inverse, peut partir du réel. Il peut s’appuyer sur :

  • une situation vécue ;
  • une relation professionnelle déjà connue ;
  • une organisation déjà expérimentée ;
  • une contrainte dont on connaît les effets.

Il devient alors possible d’identifier ce que l’on souhaite écarter sans avoir besoin de savoir par quoi le remplacer.

Prenons un exemple.

Partir d’un “oui” exige de se représenter une possibilité pour l’avenir :

“Je veux un travail qui ait du sens, qui me corresponde et dans lequel je puisse m’épanouir.”

Cette formulation exprime une aspiration. Mais, elle suppose encore de construire une représentation relativement abstraite d’une situation qui n’existe pas encore.

Partir d’un “non” consiste au contraire à tirer un enseignement concret d’une expérience déjà connue :

“Je ne veux plus travailler dans une organisation où tout est urgent et où je n’ai aucune marge de décision.”

Ici, il ne s’agit pas encore de définir la situation souhaitée. Il s’agit d’identifier une situation que l’on sait ne plus vouloir retrouver.

1.2.2. Une expérience marquante peut rendre certains “non” plus accessibles

Cette différence peut aussi être renforcée lorsque l’expérience dont on part est négative et marquante. Les travaux de la professeure de psychologie Elizabeth A. Kensinger sur les effets de l’émotion sur la mémoire montrent notamment que l’émotion peut renforcer la mémoire de certains éléments d’une expérience, avec des effets qui peuvent différer selon que l’expérience est positive ou négative.

Une expérience professionnelle négative et marquante peut ainsi laisser des souvenirs plus facilement accessibles. Vous pouvez alors vous appuyer sur ce que vous avez vécu, sur ses effets et sur les enseignements que vous en avez tirés pour identifier ce que vous ne voulez plus.

C’est là que se trouve la véritable différence entre le “oui” et le “non”. Pour formuler un “oui”, il faut construire une réponse abstraite à partir d’un futur encore hypothétique, sans pouvoir vérifier qu’il corresponde réellement à ce que vous recherchez. Pour formuler un “non”, il suffit d’abord de partir d’une réalité tangible que l’on connaît déjà pour écarter progressivement ce qui ne convient plus.

Partir du “non” revient donc à mobiliser des repères que vous connaissez déjà. Partir du “oui” vous demande d’en construire de nouveaux. Le “non” est donc plus accessible et plus facile à formuler. Bien qu’il ne permette pas encore de savoir quelle direction professionnelle prendre, il offre néanmoins une base plus concrète pour clarifier votre réflexion.

Reste alors à comprendre comment cette première clarification peut réellement permettre d’avancer lorsque l’on ne sait pas encore quoi faire.


2. Comment clarifier ses “non” permet-il d’avancer sans savoir quoi faire ?

2.1. Écarter certaines possibilités permet de réduire l’incertitude

Ne pas savoir où aller n’empêche pas de savoir dans quelles directions ne plus chercher.

Lorsqu’une possibilité ne correspond clairement plus à ce que vous souhaitez vivre professionnellement, elle constitue une piste à éliminer. À mesure que vous écartez d’autres options incompatibles, vous réduisez votre champ des possibles.

Femme assise à une table qui écarte des feuilles et des documents pour clarifier ses "non"

Vous pouvez par exemple déduire de votre expérience professionnelle que vous ne voulez plus de déplacements permanents, de management direct ni d’horaires totalement imprévisibles. 

Ces éléments ne permettent pas encore de déterminer quel métier ou quelle activité pourrait vous convenir. Ils apportent cependant une information sur le type de situation professionnelle que vous êtes désormais prêt à envisager. Certaines possibilités deviennent moins cohérentes avec ce qui ne vous convient plus, tandis que d’autres restent ouvertes.

Clarifier vos “non” permet donc de faire le tri parmi les possibilités professionnelles qui s’offrent à vous. Vous pouvez ainsi avancer par élimination et mieux délimiter votre espace de recherche. En rendant cet espace plus lisible, cette clarification réduit l’incertitude quant à votre avenir professionnel.

Partir de l’identification de ce que vous ne voulez plus dans votre vie professionnelle peut donc constituer un point de départ utile pour structurer la suite de votre réflexion.

Mais réduire l’espace de recherche suffit-il pour autant à déterminer une direction ?

2.2. Réduire l’incertitude ne suffit pas à trouver une direction

Éliminer certaines possibilités ne signifie pas encore qu’on sache choisir parmi celles qui restent.

Un champ de recherche plus restreint peut néanmoins rester vaste. Même après plusieurs exclusions, plusieurs orientations peuvent demeurer envisageables. 

Clarifier ses “non” permet d’écarter certaines possibilités. Mais clarifier n’est pas choisir. 

Si, par exemple, vous partez du principe que vous ne voulez plus d’un environnement très hiérarchique, cela exclut certaines possibilités sans pour autant vous permettre de savoir quelle option choisir

  • rejoindre une petite structure ;
  • devenir indépendante ;
  • changer de poste ou d’organisation ;
  • modifier seulement certaines conditions de travail.

Vos “non” vous aident à réduire l’incertitude, mais ils ne permettent pas encore de déterminer quelle direction professionnelle vous souhaitez prendre.  

S’ils ne vous donnent pas encore de réponse, en quoi vos “non” vous aident-ils malgré tout à avancer ? 

2.3. Clarifier ses « non » permet d’avancer sans savoir quoi faire 

Avancer ne signifie pas nécessairement avoir trouvé la destination.

Une réflexion peut progresser même lorsqu’aucune réponse définitive ne se dégage encore. Le flou peut diminuer, les questions peuvent devenir plus précises et de nouveaux axes d’exploration peuvent apparaître. 

Après avoir pris le temps de clarifier vos “non”, vous constatez que vous n’êtes plus exactement au même point dans votre compréhension de la situation qu’au tout début de votre réflexion. Certaines possibilités ont été écartées et votre réflexion peut désormais se poursuivre à partir de ce nouveau cadre.

Vous pouvez alors porter votre réflexion plus précisément sur les possibilités qui restent ouvertes. Ce que vous avez identifié comme ne vous convenant plus vous donne déjà des repères pour évaluer ces pistes. Vous ne savez pas encore laquelle choisir, mais vous savez davantage ce qui devra compter dans votre décision.

Femme debout sur un escalier dans un espace intérieur

En poussant votre réflexion plus loin, vous pourrez même chercher à déterminer si le problème vient du travail lui-même ou de l’environnement dans lequel il est exercé. Vous pourrez alors mieux cerner ce qu’il vous faut réellement changer.

Ainsi, vous n’avez pas besoin d’avoir trouvé votre “oui” pour considérer que votre réflexion progresse.


Conclusion

Il est donc plus facile de savoir ce que l’on ne veut plus que de définir ce que l’on souhaite réellement.

Clarifier ses “non” peut alors constituer un point de départ particulièrement utile lorsque vous avez le sentiment d’avancer sans savoir quoi faire de votre vie professionnelle. En écartant certaines possibilités, vous réduisez l’incertitude. Votre espace de recherche devient progressivement plus restreint et donc plus lisible, même lorsqu’une direction professionnelle précise n’est pas encore définie.

Vous pouvez ainsi continuer à avancer sans avoir déjà trouvé vos “oui”. Les possibilités qui restent ouvertes peuvent désormais être examinées à partir de ce que vous savez ne plus vouloir. Vos “non” deviennent ainsi des repères pour évaluer les pistes qui se présentent à vous, sans vous obliger encore à en choisir une.

Pour approfondir votre réflexion

La suite de votre réflexion peut alors dépendre du point où vous en êtes dans votre prise de conscience :

  • Si vous cherchez à repérer l’origine de votre décalage avec votre situation professionnelle actuelle, consultez notre article “Les signes discrets que votre vie professionnelle ne vous correspond plus”.

  • Si le constat est déjà posé et que vous souhaitez aller plus loin en clarifiant ce qui ne vous convient plus, consultez notre article “Faire le point sur sa carrière : identifiez d’abord ce que vous ne voulez plus”.

  • Si certains “non” sont désormais identifiés mais que vous cherchez à savoir s’ils remettent en question le travail lui-même ou plutôt l’environnement dans lequel vous l’exercez, consultez notre article “Comment savoir si vous devez changer de travail ou simplement changer d’environnement ?”

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